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Accompagner les traumas liés aux violences sexuelles grâce à la thérapie psychocorporelle

  • Photo du rédacteur: Samuel Lenaerts
    Samuel Lenaerts
  • 17 déc. 2025
  • 4 min de lecture

Les violences sexistes et sexuelles (VSS) laissent des traces profondes, visibles et invisibles.

Elles ne s’arrêtent pas au moment du traumatisme : elles s’inscrivent dans le corps, dans le système nerveux, dans la manière d’habiter son espace intérieur et relationnel.


Au-delà de la parole, la thérapie psychocorporelle offre une voie d’accompagnement douce et sécurisante pour aider les personnes à reconnecter avec leur corps, restaurer leur sentiment de sécurité et libérer, progressivement, les empreintes laissées par le trauma.


therapie psycho corporelle

Comprendre les effets du traumatisme sur le corps

Lorsqu’une personne subit une agression sexuelle ou une violence sexiste, le corps réagit instinctivement : il se fige, se dissocie ou se coupe de la sensation pour survivre à l’événement.Ce mécanisme, essentiel sur le moment, peut ensuite s’installer durablement.

Le trauma ne s’efface pas uniquement avec le temps : il s’imprime dans le corps.

Le système nerveux reste en alerte, la respiration se bloque, les muscles demeurent tendus. Certaines zones du corps deviennent insensibles, d’autres hypervigilantes.


Les symptômes peuvent inclure :

  • troubles du sommeil ou cauchemars,

  • anxiété, crises de panique, hypervigilance,

  • dissociation (sensation d’être “déconnecté” de son corps),

  • douleurs chroniques ou tensions diffuses,

  • perte du désir ou peur du contact physique,

  • culpabilité, honte, difficultés relationnelles.

Ces réactions ne traduisent pas une faiblesse : elles sont le langage du corps traumatisé, cherchant à se protéger encore.



Pourquoi une approche psychocorporelle dans le cas de traumas ?

Le traumatisme lié aux VSS ne touche pas seulement la mémoire mentale.Il s’enracine dans le corps émotionnel, dans la mémoire implicite, là où la parole ne peut pas toujours aller.

Les approches uniquement verbales, bien qu’essentielles, atteignent parfois leurs limites face à des vécus où le corps a été le lieu même de la violence.La thérapie psychocorporelle permet de travailler autrement : en redonnant une place centrale au corps, non comme un objet blessé, mais comme un allié de reconstruction.

Elle ne remplace jamais un suivi médical, psychologique ou psychiatrique, mais s’inscrit en complémentarité, dans une démarche globale de soin et de réappropriation de soi.



Comment la thérapie psychocorporelle accompagne la reconstruction après un trauma

Le travail thérapeutique se déroule dans un cadre sécurisé, bienveillant et respectueux du rythme de la personne. Il s’agit avant tout de recréer un lien de confiance — avec le thérapeute, mais surtout avec son propre corps. Les axes principaux de cet accompagnement :


1. Retrouver la sécurité intérieure Le trauma installe une hypervigilance permanente.La thérapie psychocorporelle commence par stabiliser le système nerveux, grâce à la respiration, à l’ancrage, à la conscience corporelle. Le but n’est pas de “revivre” l’événement, mais d’apprendre à ressentir sans être submergé.

2. Reconnecter avec les sensations Beaucoup de personnes victimes de violences se coupent inconsciemment de leurs sensations pour ne plus souffrir.À travers des exercices doux, la thérapie aide à réhabiter le corps petit à petit, en retrouvant des repères internes : chaleur, poids, appui, souffle.

3. Libérer les mémoires corporelles du trauma Le corps garde en mémoire les réflexes de figement, de peur ou de sidération. Grâce à des techniques de relâchement, de mouvement et d’expression corporelle, ces mémoires peuvent se dénouer progressivement, sans reviviscence traumatique, dans un cadre thérapeutique sécurisant.
4. Restaurer le lien à soi et aux autres À mesure que la personne se reconnecte à ses sensations et à sa vitalité, elle retrouve sa capacité à ressentir, à poser ses limites, à se sentir à nouveau actrice de sa vie. Ce processus contribue à reconstruire la confiance en soi, à sortir du sentiment de honte et à renouer avec le plaisir d’exister.

Les bienfaits observés sur des victimes de VSS

Un accompagnement psychocorporel régulier peut aider à :

  • apaiser le système nerveux et réduire les crises d’angoisse,

  • restaurer la conscience corporelle et la capacité à ressentir sans peur,

  • diminuer les tensions physiques chroniques,

  • renforcer la capacité à dire non, à poser des limites,

  • transformer la culpabilité en compréhension,

  • retrouver un sentiment d’unité et d’apaisement intérieur.

Les changements sont souvent subtils mais profonds : respiration plus libre, sommeil plus calme, ancrage plus solide, regard plus doux sur soi.


Une démarche intégrative et respectueuse

L’accompagnement psychocorporel des traumas liés aux VSS se fait dans le respect absolu du consentement et du rythme.Le corps n’est jamais forcé : il est invité, écouté, honoré.Chaque étape est adaptée, dans la douceur et la lenteur, à ce que la personne est prête à explorer.

Le thérapeute n’impose rien ; il accompagne.C’est la personne elle-même qui, petit à petit, reprend le pouvoir sur son corps et sur son histoire.


Ce travail s’inscrit dans une démarche pluridisciplinaire : psychologues, psychiatres, médecins et thérapeutes peuvent collaborer, chacun à leur niveau, pour soutenir la reconstruction.


En conclusion

Le corps garde la trace de ce qu’il a vécu, mais il porte aussi la capacité de guérir.

La thérapie psychocorporelle ouvre un espace où la parole, le souffle et le mouvement se rencontrent pour transformer la douleur en force, la sidération en présence, la survie en vie retrouvée.

Elle offre un chemin de reconnexion à soi, une façon de réapprendre à se sentir vivant, digne, et en sécurité dans son propre corps.

Pour plus d’informations sur la prise en charge des violences sexistes et sexuelles, consultez la fiche officielle de l’Assurance Maladie.

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